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The King of limbs : un non-album ?

The King of limbs : un non-album ?

Un groupe en perpétuelle évolution

Le 8ème album du groupe le plus inventif du siècle est là. 4 ans après la sortie de In rainbows, album déroutant mais d'une poésie et d'une justesse magistrale, il était peu dire que the King of limbs était attendu. Entre leurs deux derniers albums, les membres du groupe se sont dispersés, alimentant leurs carrières solos, loin de leurs sessions studio réputées tendues. Normal : quand on accouche d'un album au succès planétaire, devenu un classique et symbole de la révolution du genre, il faut s'accrocher pour ne pas décevoir avec les albums suivants. Cette pression, le groupe se l'est bien mise ce qui a engendré des sessions d'enregistrement chaotiques. Le documentaire Meeting People is easy annonçait les prémices de tensions. Le star system, l'étouffante compagne de communication, la tournée à rallonge de Ok Computer ont eu des conséquences négatives sur Thom York en particulier.

Le leader du groupe, dit-on, a imposé sa vision de la musique pour l'enregistrement de Kid A et Amnesiac. Abandonnant peu à peu les sons traditionnels pour se focaliser sur des sonorités et des rythmes plus expérimentaux, Thom Yorke s'est aussi montré très exigeant avec sa voix qu'il travaille et torture lors de ces deux albums. Il faut croire que la situation devenait critique, Ed O'Brien se permettant un appel au secours à peine voilé sur le site du groupe. Avec Hail to the thief, le groupe a voulu retrouver la spontanéïté qu'ils avaient perdu avec les deux prédécesseurs. Comme l'avouait Thom York dans une de ses interviews de l'époque, l'enregistrement de sa voix s'est fait de manière plus détendue laissant place aux imperfections. Le style de l'album se rapproche plus de leurs débuts avec un son plus rock et plus traditionnel comme pouvait l'être l'album The Bends.

En perpétuelle évolution, le groupe n'a jamais rejeté les influences diverses, de l'électro au free-jazz en passant par le pop-rock. Dernièrement, In Rainbows a apporté au groupe une autre corde à leur arc et à leur répertoire. Grâce à des titres poétiques leurs influences et leur travail sur les précédents albums ont fusionné avec harmonie, permettant au groupe de revenir sur les devants de la scène. Entre temps, Radiohead s'était offert le luxe de s'abroger les services d'un label, diffusant leur album numérique sur le net pour une somme que l'utilisateur choisissait. Un beau pied de nez à l'industrie du disque. Depuis, les sorties de Radiohead sont scrutées de près à l'affût d'indice annonçant un 8ème album.

Attendu comme le Messie

Et les infos sont enfin arrivées quelques mois avant la sortie de l'album. Un retour au studio pour Radiohead qui, au début, ne présageait pas forcément d'un album entier. La suite a changé en cette faveur alors que Thom York achevait son projet solo et ses quelques date avec Atoms for Peace et son album/concept The Eraser. A force d'enfler, la rumeur est devenue un Graal pour les fans qui n'attendaient plus qu'une seule chose : sa sortie. Les spéculations allaient bon train jusqu'au jour où l'on apprit que The King Of limbs allait voir le jour en version numérique, comme son ainé, mais avec un prix fixé d'avance. à part cela, aucune autre info (tracklist, style etc...) n'a fuité. Il faudra attendre le clip de Lotus Flower (où Thom York fait le pantomime) pour goûter aux premiers fruits de cet album.

Le très sérieux Guardian affichait sur la page d'accueil de son site Internet un suivi digne des plus grandes couvertures médiatiques avec compte à rebours et diffusion des dernières infos heure par heure.

? Thom York fait du Yoga dans le clip de Lotus Flower

Et le grand jour arriva...Enfin le grand jour, il faut dire que là encore Radiohead a surpris son monde en sortant finalement l'album un jour avant la date annoncée. Attendu, il l'était cet album. Nos amis les Anglais ne s'y sont pas trompés. Le très sérieux Guardian affichait sur la page d'accueil de son site Internet un suivi digne des plus grandes couvertures médiatiques avec compte à rebours et diffusion des dernières infos heure par heure.

Un album trop attendu ?

Pour ma part, je rêvais de cet album depuis son annonce sur le net et je rafraichissais la page du Guardian toutes les secondes jusqu'au moment béni où l'album devint téléchargeable ! Acheté dès que possible, je surveillais fébrilement le mail de confirmation de téléchargement. Et hop, première écoute enjouée, la bave aux lèvres, prêt à frissonner...Première écoute donc, puis deuxième écoute dans la foulée...Une troisième pour être sûr de ce qui se passait dans mon casque, puis une cinquième etc...En moins de 2 heures, j'ai dû l'écouter une quinzaine de fois. J'exagère à peine finalement car la tracklist est courte, très courte, les 8 titres passent à une vitesse vertigineuse. Pire, la plupart des chansons passent sans que l'on s'en rende compte.

The King Of limbs renferme tout de même quelques belles compositions (Bloom, Codex, Seperator) mais les autres titres ne possèdent que le terrible goût de la banalité. Terrible en effet de conclure ainsi lorsque l'on est fan du groupe depuis leurs débuts. Que s'est-il donc passé ? In Rainbows se targuait d'être un autre album référence pour le groupe et augurait du meilleur pour la suite. Surtout, Radiohead n'est pas du genre à tendre de pièges à leurs fans. Lors de la sortie de The King Of limbs, des rumeurs circulaient annonçant que la version sortie la veille de la date prévue n'était en fait qu'un "pre-album" composé de face-B et que le véritable album sortirait effectivement à la date annoncée. Que neni...En parallèle, Thom York témoignait : cet album serait sûrement le dernier du groupe, en tout cas dans la forme d'un disque CD om les titres sont figés et définitifs. Plus de sessions à rallonge pour le groupe, non, ils promettent cependant de diffuser de temps à autre de nouveaux morceaux que nous, fans, devront compiler en album comme bon nous semble.

Lors de la sortie de The King Of limbs, des rumeurs circulaient annonçant que la version sortie la veille de la date prévue n'était en fait qu'un "pre-album" composé de face-B et que le véritable album sortirait effectivement à la date annoncée. Que neni...

Suite aux déclarations de Thom York, l'on comprend mieux la concept de The King Of limbs. Il faut le considérer, en effet, comme un album inachevé, un album à compléter. Lassé des sessions studios ensemble, Radiohead ne devrait pas perdurer outre mesure. Thom York, Colin Greenwood ou Phil Selway devraient se consacrer, selon toute vraisemblance, à leurs carrières solos.

The King Of limbs est pour ma part un album inclassable et inachevé. Difficile dans ces cas-là de le critiquer outre mesure. Cependant, le manque de titres marquant démontre que le groupe tend à s'essouffler dans sa forme actuelle. On ne peut pas leur reprocher outre mesure puisque le groupe n'a jamais cessé de chercher l'innovation sans se reposer sur leurs succès. The King Of limbs n'est pas l'album le plus marquant du groupe et cela marque assurément le déclin, voire la fin de Radiohead.

Si tel est le cas, je dis : Radiohead est mort, vive Radiohead !

The King Of Limbs (Live from the Basement)

Un petit ajout à cet article (12 juillet 2011) le live de la session From the Basement vient de sortir et certaines vidéos sont déjà disponibles sur You Tube. En voici une juste pour vos yeux !

Loin des arrangements impersonnels de la version studio, on pénètre réellement dans l’univers King Of Limbs avec cette vidéo. Les mélodies s’animent et les membres du groupe sont toujours autant habités. Une petite merveille comme l’était la précédente session pour l’album In Rainbows.

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